Espace kafil-s : Accompagnement des parents après la Kafala
Être parents après la Kafala
Devenir parent par Kafala, c’est unique, puissant, mais souvent solitaire. L’arrivée de l’enfant makfûl bouscule. Sommeil instable, comportements déconcertants, lien affectif parfois fragile… Cet espace est conçu pour les parents kafils qui souhaitent comprendre leur enfant, s’ajuster avec douceur, et avancer avec justesse. C’est votre soutien post–kafala.
Vos droits en tant que kafil-s
En théorie on devrait parler de « droits » mais parfois, en réalité, on parle surtout de batailles administratives. Selon la CAF, le Département, ou même votre employeur, votre kafala peut être reconnue, ou ignorée. Pourtant, certains kafils ont obtenu des congés d’adoption ou des primes d’adoption. Pourquoi eux et pas vous ? Cet espace est donc crée pour croiser les infos, comparer, comprendre, et s’armer ensemble.
Congé adoption
D’une durée de 10 à 20 semaines, est parfois accordé aux kafils fonctionnaires ou salariés du secteur privé. Toutefois, dans le cadre de la kafala, la Sécurité sociale ne prend généralement pas en charge ce congé. Certains kafils ont néanmoins pu l’obtenir grâce à une interprétation souple du dispositif, soutenue par leur hiérarchie.
Congé parental
Est un congé non rémunéré délivré par la CAF de votre lieu de résidence. Il est octroyé par tranches de six mois renouvelables jusqu’aux trois ans du makfûl, il peut être pris après le congé d’adoption ou indépendamment de celui-ci. Dans le cadre d’une kafala, ce congé ne peut pas être refusé.
Prime adoption
Le montant varie selon les CAF. Certains kafils ont reçu cette prime. Certaines CAF reconnaissent la Kafala comme une forme d’accueil de l’enfant, d’autres refusent en arguant que la Kafala ne constitue pas une adoption.
paje – asf
L’allocation de soutien familial d’un montant qui varie entre 120 et 250 euros peut être octroyé aux parents kafils après demande auprès de la CAF, ainsi que la prestation d’accueil du jeune enfant.
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Suivi post-kafala en France: Qui accompagne les kafils après la Kafala ?
Chez Kafala&Co, on sait que la parentalité kafil, c’est aussi du concret au quotidien. C’est pourquoi on vous propose une équipe pluridisciplinaire d’expert pour vous accompagner là ou ça compte.
Accompagnement personnalisé
L’arrivée d’un enfant en Kafala représente un moment clé pour la famille et l’enfant. Pour sécuriser cette transition, Kafala & Co propose un suivi post-Kafala structuré, alliant accompagnement social, soutien parental, et prise en compte des enjeux culturels et religieux.
Notre protocole inclut :
Évaluation post-arrivée : premières impressions, interactions parent-enfant, points de vigilance
Accompagnement parental : gestion des émotions, construction du lien, repères sécurisants
Observation de l’interaction : analyse des échanges, adaptation de l’enfant, recommandations
Bilan d’intégration : synthèse du suivi, besoins complémentaires et prolongation possible
Outils fournis : carnet de suivi, feuilles d’évaluation parent-enfant, check-list étapes clés, guides pratiques sur les enjeux culturels et religieux.
Ce suivi permet d’anticiper les difficultés et d’accompagner le lien parent-enfant.
Accéder au suivi post-kafala
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Le conseil de famille: un cadre juridique pour protéger le lien
Le conseil de famille est une instance juridique présidée par un juge des tutelles. Il réunit des membres de confiance de l’entourage de l’enfant, pour statuer sur des décisions importantes : désigner un tuteur, gérer des biens, encadrer légalement des choix de vie.
Dans une kafala, l’enfant n’a pas de lien de filiation. Le conseil de famille permet de sécuriser les droits du makfûl, par exemple :
C’est un réel outil de protection, pas une étape vers l’adoption.
Difficultés après la Kafala : Que faire ?
Comment parler de la kafala à votre enfant selon son âge
Il n’existe pas de bonne façon universelle d’annoncer la kafala. Il existe des façons adaptées à l’âge de l’enfant, à son histoire, à votre réalité familiale, au contexte dans lequel il est arrivé. Ce texte ne vous dira pas quoi dire mot pour mot. Il vous donnera des repères pour construire votre propre langage, avec votre enfant. Une chose est certaine : le silence ne protège pas. Il inquiète, il fantasme, il construit des vides que l’enfant finit toujours par remplir seul.

0 à 2 ans — Poser les mots avant même qu’il comprenne
À cet âge, l’enfant ne comprend pas le sens des mots. Mais il entend le ton, il capte la sécurité ou l’anxiété dans votre voix, il intègre l’atmosphère émotionnelle de ce qui l’entoure. Parler de la kafala à un nourrisson ou à un tout-petit, c’est d’abord vous entraîner vous. C’est apprivoiser les mots pour qu’ils ne vous fassent plus peur quand viendra le moment où il faudra vraiment les dire. C’est aussi poser les bases d’une narration familiale cohérente une histoire que vous racontez naturellement, sans trembler. Vous pouvez lui parler pendant le bain, pendant qu’il s’endort. Lui dire simplement qu’il est là, que vous l’avez choisi, qu’une autre femme l’a porté. Les mots n’ont pas besoin d’être parfaits. Ils ont besoin d’exister

2 à 5 ans — Les premiers mots, le premier langage
C’est à partir de deux ans que l’annonce prend vraiment du sens. L’enfant commence à construire sa représentation du monde, à poser des questions sur lui-même, sur les familles autour de lui. C’est l’âge des histoires. Des albums illustrés, des mots inventés ensemble, d’un langage propre à votre famille autour de son histoire. Certaines familles créent un mot pour désigner la femme qui l’a porté; pas “maman biologique”, trop abstrait à cet âge quelque chose de doux, de concret, qui lui appartient. À cet âge, l’enfant n’a pas besoin de tout comprendre. Il a besoin de sentir que son histoire est une histoire normale dans votre famille. Que vous pouvez en parler comme vous parlez de tout le reste ,sans baisser la voix, sans changer de sujet.

8 à 12 ans — Approfondir sans submerger
L’enfant entre à l’école. Il observe les familles des autres. Il commence à comparer. “Pourquoi j’ai pas le même nez que toi ?” “Pourquoi je suis né là-bas ?” “C’est quoi la kafala ?” C’est l’âge où les questions deviennent plus précises et où il faut des réponses un peu plus précises aussi. Pas tout, pas les détails lourds du contexte, mais une vérité adaptée. Une vérité qui ne mente pas, qui ne comble pas les blancs avec du beau, mais qui donne à l’enfant quelque chose de solide à tenir. Si le contexte de l’abandon est difficile, violence, précarité, détresse de la mère biologique, vous n’avez pas à tout dire. Mais vous n’avez pas à idéaliser non plus. Diaboliser la mère biologique est contre-productif, même quand on aime son enfant de tout son être. L’enfant porte une part de cette femme en lui. Atteindre cette femme dans son imaginaire, c’est l’atteindre lui. Enjoliver pour éviter la douleur, c’est lui retirer la possibilité de faire le deuil de ce qui s’est vraiment passé. Il y a un espace entre le mensonge et la brutalité. C’est là que se construit une narration saine.

L’adolescence — La période la plus intense
C’est ici que tout peut basculer. Et c’est normal. L’adolescence est pour tous les enfants une période de construction identitaire. Pour un enfant makful, cette construction est plus complexe, plus chargée — parce qu’elle s’articule autour de questions que les autres adolescents n’ont pas à traverser. Qui suis-je vraiment ? D’où je viens ? Qui était cette femme ? Est-ce que je lui ressemble ? Est-ce que j’aurais eu une autre vie ? Ce que vous traverserez à ce moment-là dépend en grande partie de tout ce qui s’est passé avant. De la façon dont son histoire lui a été racontée depuis le début. De l’espace qu’il a eu pour poser des questions. De la manière dont vous avez géré vos propres émotions face à son histoire. Même dans les meilleures conditions, l’adolescence peut amener des moments difficiles. Des “tu n’es pas ma vraie mère.” Des silences. Des demandes de retrouver la mère biologique. Des remises en question du lien. Ces moments ne sont pas un échec. Ils sont souvent une demande d’être encore plus vu, encore plus reconnu dans toute sa complexité.

La thérapie familiale : pas en dernier recours
La thérapie familiale n’est pas réservée aux crises. Elle est utile bien avant, pour préparer une annonce, pour accompagner un enfant qui traverse une période de questionnement, pour vous aider vous, kafils, à mettre des mots sur ce que vous vivez.
Kafala&Co, travaille avec Leila Chouai, thérapeute familiale, qui accompagne spécifiquement les familles kafils dans ces moments.
Chaque année, plusieurs dizaines de familles rencontrent des obstacles ou des refus dans la reconnaissance de leurs droits malgré la légalité de la kafala. Ces situations restent trop souvent invisibles et peu documentées, c’est pourquoi notre espace se veut un lien d’échange et de mobilisation.



