Les Défis des Kafils et la Résistance des Institutions : Un Combat pour la Reconnaissance et le Respect des Droits

Accompagnement des familles kafils en France

En France, la Kafala demeure une institution méconnue, souvent mal comprise, voire rejetée par une majorité d’acteurs institutionnels. Pourtant, elle existe, elle est régie par des principes légaux solides, et elle garantit la protection des enfants dans une situation de vulnérabilité. Cependant, ce que vivent les Kafils, en particulier ceux qui viennent de communautés musulmanes, relève bien souvent de l’incompréhension et de l’indifférence des structures publiques. L’enjeu ici n’est pas seulement d’accepter la Kafala comme une forme de protection de l’enfance, mais de comprendre qu’elle ne doit pas être subordonnée à des pratiques d’adoption occidentalisées ni à une vision biaisée des droits des Kafils et des enfants.

1. Les Défis des Nouveaux Kafils : Un Parcours Semé d’Embûches

Les nouveaux Kafils, font face à des défis uniques lorsqu’ils s’engagent dans ce parcours. La Kafala, bien que fondée sur des principes de protection et de bien-être, n’est souvent pas perçue comme une alternative valable à l’adoption. Dans le contexte français, un phénomène récurrent se manifeste : des candidats à la Kafala, mais aussi des départements et institutions, qui voient cette procédure à travers le prisme de l’adoption classique. Si une certaine méconnaissance peut être pardonnée au début, ce qui devient plus préoccupant, c’est lorsque cette vision déformée s’installe dans les pratiques des institutions.

Il est fréquent que des Kafils se retrouvent face à des résistances administratives qui minimisent leur rôle ou qui transforment la Kafala en une adoption déguisée, en mettant en avant l’argument de la “protection” de l’enfant. Pourtant, cette transformation ne répond ni aux principes fondamentaux de la Kafala, ni aux droits de l’enfant. Il est crucial que les acteurs du domaine, qu’ils soient sociaux, juridiques ou associatifs, prennent conscience que la Kafala ne doit pas se conformer à des standards d’adoption occidentaux, mais qu’elle doit respecter ses principes fondateurs : la préservation des liens familiaux, le respect de l’identité de l’enfant et le maintien de la culture et des croyances qui lui sont propres.

2. La Résistance des Institutions : Un Mur Invisible

La résistance des départements et des institutions publiques face à la Kafala est un autre défi majeur. Au lieu de s’adapter à cette forme de protection légitime, ces structures préfèrent souvent ignorer ou écarter cette procédure. Parmi les raisons avancées, la méconnaissance est fréquemment citée, mais il existe aussi une forme de réticence plus systématique, souvent alimentée par des préjugés ou un manque de volonté politique. Un nombre important de départements en France refuse de se former sur la Kafala, arguant qu’il n’y aurait pas assez de demandes pour justifier cette formation. Pourtant, un seul enfant, un seul Kafil, devrait suffire à justifier l’importance d’un suivi et d’un accompagnement adaptés.

Il y a également cette croyance persistante que, pour qu’une procédure d’adoption soit pleinement légitime, elle doit être en adéquation avec le système institutionnel français. Mais pourquoi cette vision devrait-elle primer sur une forme de protection culturelle et légale que le Maghreb et d’autres pays musulmans reconnaissent comme essentielle ? La Kafala mérite une approche spécifique et une prise en charge par des acteurs qualifiés, dont certains, issus de la communauté, sont plus compétents que d’autres. Cependant, ces acteurs rencontrent des obstacles administratifs et une forme de dévalorisation de leur expertise, simplement parce qu’ils ne sont pas issus du secteur public ou d’institutions directement rattachées à l’État.

3. Les Discriminations Systématiques : Le Combat pour la Légitimité

L’une des réalités les plus frustrantes, voire décourageantes, est celle à laquelle font face les acteurs issus de la communauté qui cherchent à légitimer leur expertise dans le domaine de la Kafala. De nombreuses assistantes sociales et autres professionnels compétents, formés à la Kafala d’un point de vue culturel et juridique, peinent à se faire reconnaître dans leur propre pays. Non seulement ces professionnels sont souvent relégués à des postes de second ordre, mais ils se voient régulièrement contestés par des institutions publiques qui ne reconnaissent pas leur expertise. Ces discriminations systémiques non seulement empêchent les Kafils d’accéder à un accompagnement de qualité, mais elles sapent également la légitimité de l’institution elle-même.

Il est alarmant de constater que cette résistance ne se limite pas à la formation des travailleurs sociaux ou des professionnels, mais touche également des aspects fondamentaux du parcours de Kafala. Par exemple, de nombreux départements continuent de minimiser l’importance de l’accompagnement des Kafils ou de rendre difficile l’accès à des ressources légales. Cela mène à une situation où les droits des enfants et des Kafils sont sous-estimés et mal défendus.

4. Témoignages : Quand la Résistance Devient Injustifiable

Les témoignages de Kafils et d’acteurs du domaine sont essentiels pour faire comprendre la réalité de ce combat. Un exemple frappant est celui d’une famille d’Île-de-France qui, après avoir entrepris la démarche de Kafala, s’est heurtée à un travailleur social qui, non seulement ne comprenait pas la spécificité de la procédure, mais a également tenté de la “redéfinir” pour la faire correspondre à des critères d’adoption. Ce manque de respect et de compréhension des pratiques culturelles et juridiques a non seulement retardé le processus de reconnaissance, mais a également infligé des blessures psychologiques à des parents déjà en souffrance. Ce genre de situation ne devrait pas se produire dans un pays qui prône les droits humains et l’égalité.

5. Les Droits des Kafils : Faire Valoir la Légitimité de la Kafala

Les Kafils doivent être conscients de leurs droits et savoir comment les faire valoir face à un système souvent réticent. Parmi les principaux droits qu’ils détiennent, on retrouve :

  • Le droit à une enquête sociale impartiale et neutre. Cela signifie qu’aucun jugement hâtif ou incompréhension culturelle ne devrait entraver l’évaluation du projet de Kafala.
  • Le respect des données personnelles et des informations liées à l’enfant et à sa famille biologique.
  • Le droit à la reconnaissance de la Kafala comme une mesure légale de protection de l’enfance, à l’égal d’autres dispositifs de protection en vigueur en France.

6. Un Appel à la Reconnaissance et à la Justice

L’une des plus grandes injustices que rencontrent les Kafils en France est celle de voir leur droit à l’accompagnement et à la reconnaissance systématiquement mis à mal par des institutions qui restent figées dans leurs préjugés et leurs refus de se former à des pratiques pourtant légales et protégées par la législation internationale. Il est urgent que les acteurs institutionnels, qu’ils soient sociaux, judiciaires ou politiques, prennent conscience de leur rôle dans la protection des enfants et des familles, y compris celles qui choisissent la Kafala. Il est aussi crucial que les Kafils, qu’ils soient nouveaux ou expérimentés, sachent qu’ils ont des droits et qu’ils ne doivent pas se laisser faire. La reconnaissance de la Kafala n’est pas seulement une question d’institution, mais aussi de respect des croyances, des cultures et des valeurs qui définissent le bien-être des enfants.

Si vous pensez subir des discriminations, (femme célibataires, kafils en situation de handicap,refus de DCEM), contactez nous pour en discuter, Kafala&Co vous soutien, prenez Rendez-Vous via ce lien :

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