Kafala : l’invisible blessure & démarches floues. Pourquoi encadrer, conscientiser et exiger est aujourd’hui une urgence.

Je ne suis pas juste une référente ou experte de la Kafala. J’en suis le produit, et parfois la blessure. Ce que je vais te dire ici, tu ne le trouveras ni dans les brochures des départements, ni dans les groupes Facebook, ni même chez certains acteurs dits “engagés”. Parce qu’il y a un tabou. Un tabou sur ce qu’on ne veut pas voir, pas dire, pas entendre : la Kafala, quand elle est mal accompagnée, détruit des enfants. Elle abîme, elle projette, elle impose. Depuis des années, j’accompagne des familles dans ce processus complexe, entre le droit algérien, la méfiance française, les institutions parfois dépassées, et surtout… des enfants sans voix. Et ce que je vois ce sont des Kafils qui pensent “sauver”, qui veulent “aimer”, mais qui refusent d’écouter. Des parents qui rêvent d’un bébé sans bagage, d’un départ à zéro, d’un enfant qui dira merci. Des gens qui, malgré leur foi, malgré leur bonne volonté, s’installent dans un mensonge émotionnel total. Les familles accompagnés le savent, je  ne propose pas juste un accompagnement. Je propose un cadre, une exigence, un miroir. Et dans cet article, je vais t’expliquer pourquoi la Kafala mérite mieux que de l’amour et de l’intention. Pourquoi elle a besoin de structure, de lucidité, et de courage. Et pourquoi, si tu veux faire partie de cette histoire, tu dois d’abord déconstruire la tienne.

La Kafala, entre sacré et non-dit : une institution mal comprise : Une pratique millénaire piégée par la modernité

La Kafala est ancienne, noble, légitime. Mais aujourd’hui, elle est tiraillée entre deux mondes : un monde musulman où elle est sacralisée mais parfois peu régulée, et un monde occidental où elle est tolérée mais non reconnue.
Résultat ? Des parcours flous, des enfants coincés dans des failles juridiques et affectives.

En France, une tolérance sans reconnaissance.

La France accepte la Kafala, mais ne l’embrasse pas. Les institutions la subissent plus qu’elles ne l’encadrent. Et au milieu, des familles perdues. On laisse des personnes non formées se projeter dans un projet de vie aussi complexe qu’un accouchement émotionnel. Et on s’étonne ensuite que certains enfants en paient le prix.

Le problème, ce n’est pas l’enfant. C’est l’adulte : La quête d’un enfant parfait : fantasme de réparation

Beaucoup de Kafils projettent. Leur propre manque, leur désir de maternité/paternité, leur besoin de “donner de l’amour”. Mais l’enfant n’est pas là pour réparer tes manques. Il n’est pas un sparadrap. Il n’est pas un projet. C’est un être avec une histoire, une blessure, un vécu antérieur à ta venue.

Les dégâts silencieux : projections, pression et invalidation

Combien de Makfuls vivent avec cette idée qu’ils devraient dire “merci” ? Combien sont obligés de taire leur colère, leur vide, leur confusion identitaire ? On exige d’eux une gratitude permanente, sans leur offrir un espace pour exister en tant que personne blessée. L’oubli de l’histoire d’abandon : ce vide qu’on refuse de nommer. La plupart des Kafils occultent cette réalité : un enfant en Kafala est d’abord un enfant abandonné. Il a perdu une mère, une lignée, un ancrage. Avant même de parler d’intégration ou d’amour, il faut parler de perte, de deuil, de vérité.

Et si on recommençait par le début : encadrer, éduquer, responsabiliser : Pourquoi l’accompagnement doit être non-négociable?

Un projet de Kafala, c’est une chirurgie à cœur ouvert. On ne la confie pas à une personne “bien intentionnée” mais non outillée. Je milite pour une obligation d’accompagnement structuré, avec un regard croisé (social, psychologique, spirituel).

Ma posture : pas d’accompagnement pour les familles qui ne sont pas prêtes

Un tri assumé : on ne joue pas avec les histoires humaines, je refuse certains accompagnements. Parce que certaines viennent avec un projet trop flou, trop égotique, trop instable. Parce que le Kafil doit être solide, pas parfait, mais solide. Aligné. Ancré. Capable d’écouter l’enfant et pas juste ses émotions. Exigence, profondeur, conscience : les piliers de Kafala&Co. Kafala&Co n’est pas une passerelle administrative. C’est une structure d’accompagnement radicalement engagée. Exigence, introspection, cadre, justice. Je t’aide à t’aligner avec toi-même avant d’accueillir un enfant. Je ne t’apprends pas à remplir un dossier, je t’aide à devenir un repère. Vers une nouvelle génération de Kafala : encadrée, lucide, juste.

Mon rêve ? Que la Kafala ne soit plus une option par défaut, un raccourci mal compris. Mais un acte fort, assumé, encadré. Un acte où l’enfant est vu, entendu, accompagné. Un acte où l’adulte accepte de se transformer, avant de vouloir “changer la vie” de l’enfant.

Si tu sens que tu ne veux pas juste “faire les papiers”, que tu veux aller plus loin, plus juste, plus aligné… Si tu te poses mille questions, que tu te sens un peu perdu·e mais profondément animé·e par l’envie de construire un parcours éthique, réfléchi et encadré : alors commence par remplir le formulaire d’intention, dispo sur la page “Nos accompagnements


Deux pays. Deux Kafalas. Deux réalités juridiques : Maroc & Algérie

Chez Kafala&Co, on accompagne des candidats à la Kafala depuis des années. Et on a compris une chose : les dégâts ne viennent pas des lois. Ils viennent de l’ignorance. La Kafala, ce n’est pas une course à l’enfant.

C’est une rencontre entre une situation juridique complexe et un projet de vie qui mérite mieux que des raccourcis.

Procédure de Kafala au Maroc: ce que dit la circulaire 

Avant tout, il est primordial de vérifier auprès de ton Conseil Départemental s’il applique cette circulaire. Aussi surprenant que cela puisse paraître, certains départements ne sont toujours pas formés aux procédures spécifiques du Maroc. La procédure officielle actuelle, issue de la circulaire du 19 avril 2012, impose que l’enquête sociale soit engagée uniquement après apparentement. À ce moment-là, Rabat mandate officiellement le département français pour lancer cette enquête.

Si tu avais déjà une enquête antérieure, elle peut être réactualisée. Mais tant qu’il n’y a pas d’apparentement, aucune enquête ne doit être faite officiellement , c’est la logique imposée par les autorités marocaines. Paradoxalement, sur le terrain, certains juges et procureurs au Maroc demandent une évaluation sociale avant même tout apparentement. Une contradiction totale avec la circulaire, mais qu’il faut accepter si l’on veut avancer.

Autre flou juridique :

  • Certains départements exigent un agrément, pourtant censé ne concerner que les adoptants, pas les Kafils.

Et au Maroc, il est quasiment plus avantageux d’avoir un agrément sur place, ce qui n’est pas prévu pour la Kafala mais devient une forme de filtre supplémentaire.

Chez Kafala&Co, on conseille de prendre contact avec ton département en amont, pour :

  • les informer de ton projet
  • vérifier s’ils appliquent bien la circulaire
  • les préparer à accueillir ton dossier post-apparentement

Côté Maroc, la chronologie est donc :

  1. Dépôt du dossier directement auprès du tribunal marocain (procureur ou juge)
  2. Suivi et déplacements réguliers pour avancer dans la procédure et obtenir un apparentement
  3. Une fois l’enfant proposé → Rabat mandate le Conseil Départemental
  4. Le CD lance l’enquête sociale, envoie son rapport à la DEDIP, qui valide et transmet aux autorités marocaines
  5. Si réponse favorable → poursuite du processus jusqu’à l’obtention de la Kafala. 

Côté Algérie : une procédure plus souple, mais plus floue

La Kafala débute ici par une enquête sociale. Mais attention : Certains départements français refusent encore de la faire, sauf si :

  • le consulat la demande expressément ( et le consulat attend la même chose du département)

Il y a aussi des variations côté consulats algériens : certains procèdent eux même à  cette enquête, d’autres non. C’est pourquoi faire appel à une professionnelle indépendante reste souvent la seule voie efficace pour constituer un dossier recevable.

Ensuite, l’enquête est :

  • déposée au consulat
  • envoyée par le consulat au Ministère algérien de la Justice
  • suivie du déroulement de la procédure sur place (tribunal, audience, jugement)

Dans les deux cas : une démarche technique, juridique… mais aussi émotionnelle et éthique

Ce qu’on oublie souvent ? C’est que ces procédures ne sont pas juste administratives. Elles sont violentes émotionnellement, piégeuses juridiquement, et décisives éthiquement. Chaque juge, chaque tribunal, chaque département a ses propres lectures, exigences, contradictions.

Chaque étape est une porte qu’il faut savoir pousser avec tact, rigueur et conscience.Et chaque Kafil ou futur Kafil  mérite un accompagnement complet : administratif, émotionnel, éthique.

Chez Kafala&Co, on ne t’aide pas juste à remplir des papiers. On t’aide à tenir debout face à l’attente, aux refus, aux doutes. On t’aide à comprendre ce que tu fais, pourquoi tu le fais, et pour qui tu le fais. Et surtout, on s’assure que ton projet respecte à la fois les lois, l’enfant, et ton engagement. On propose un appel de pré-engagement stratégique : On y aborde en profondeur ta situation personnelle, les spécificités du pays choisi, le positionnement de ton département, ton profil de Kafil…Tu repars avec une vision claire, des conseils ciblés, et un plan de route cohérent.C’est personnalisé, confidentiel, et pensé pour te faire gagner du temps, de l’énergie, et de la clarté.

Réserve ton appel ici.

la Kafala mérite mieux que l’improvisation. Ce que tu viens de lire n’est pas une opinion, c’est une alerte. La Kafala est une institution sacrée, mais aujourd’hui fragilisée par l’inconscience, la méconnaissance et l’absence de cadre. Elle n’est pas un simple acte d’amour, elle est un engagement à haute responsabilité. Et quand elle est mal encadrée, ce ne sont pas les adultes qui en paient le prix, ce sont les enfants. Chaque étape du parcours , que ce soit au Maroc ou en Algérie,  exige de la rigueur, une posture claire, une vraie préparation. Trop de candidats passent à côté des réalités émotionnelles, juridiques et éthiques de ce qu’implique devenir Kafil. Et c’est justement pour ça que Kafala&Co existe. Ici, on ne t’offre pas un raccourci. On t’offre un chemin solide, personnalisé, construit sur la vérité, l’éthique et la lucidité