Le grand silence autour des origines du makful

Enfant né sous X, sans filiation connue, ou placé sous kafala puis adopté pleinement sans qu’on lui ait raconter son histoire…
Ces situations sont nombreuses, mais rarement racontées. Elles dessinent un vide identitaire et administratif auquel peu de réponses sont apportées aujourd’hui. Le Mur des Origines, lancé par Kafala & Co, est né de ce constat : il manque des mots, des données, des visages, des histoires. Et pourtant, les questions, elles, restent. Beaucoup de personnes makfoul ignorent tout de leurs débuts de vie. Certaines ont été adoptées après une kafala, sans jamais avoir eu d’explication. D’autres n’ont reçu qu’un prénom, un numéro de dossier, un souvenir flou raconté par un proche. Et parfois, rien.
Ce vide n’est pas neutre : il laisse place à l’errance identitaire, aux récits fragmentés, aux fantasmes, aux blessures. Le droit d’accès aux origines est encore très limité, notamment au Maghreb où les archives sont souvent incomplètes, mal conservées, ou volontairement inaccessibles.
Les tests ADN : un outil, pas une vérité
Face à ce vide, les tests ADN peuvent représenter une lueur. Mais attention : faire un test ne suffit pas. Encore faut-il savoir l’interpréter, et surtout, qu’un membre de la famille biologique ait aussi passé un test, quelque part, un jour. C’est rarement le cas. Les plateformes comme MyHeritage, 23andMe ou FamilyTreeDNA permettent parfois de trouver des segments génétiques communs (cousin germain, grande tante éloignée…).
Mais sans accompagnement, le résultat peut rester un puzzle flou.
L’ADN donne des pistes. Mais reconstruire un arbre généalogique, surtout quand on est seul, est un travail de longue haleine. Autre difficulté : certains pays du Maghreb interdisent ou restreignent fortement l’usage des tests ADN. Et leur exploitation reste souvent un tabou culturel.
Les enquêtes personnelles : entre pistes et impasses
Autre possibilité : mener une enquête de terrain, seul ou avec un professionnel.
En France comme au Maghreb, des détectives privés se spécialisent dans la recherche de famille biologique. L’un d’eux, Fabrice Brault, s’est entretenu avec Kafala & Co pour partager son expertise sur les pays du Maghreb. Son constat est sans appel : Peu de réussites.
Au Maghreb, on part souvent de zéro. L’administration ne coopère pas, les papiers sont parfois falsifiés, les archives manquent de clarté. Mais chaque cas reste unique. Tarif moyen pour une recherche de ce type : entre 2 000 et 6 000 euros.
Sans aucune garantie de résultat. Le prix de la vérité ?
Le rôle du Mur des Origines : créer des ponts dans le silence
C’est dans ce contexte que le Mur des Origines prend tout son sens.
Il permet à chacun de laisser un message anonyme, un souvenir, une phrase, un indice. Un makfoul peut y laisser un mot à son kafil, un bénévole un message pour un enfant croisé, un parent biologique un espoir silencieux. Les années passant, ce mur se remplira. Il deviendra un héritage pour les générations futures. Parce qu’en l’absence de dossier, de nom, ou de lien juridique, l’humain peut devenir un repère.
Et parce qu’on ne sait jamais qui cherche qui.
“Ce sont les petites pierres qu’on assemble qui forment une forteresse.«
Qu’il s’agisse de tests ADN, d’enquêtes privées ou d’initiatives comme le Mur des Origines, l’accès à l’histoire personnelle est un droit et un besoin fondamental. Mais cela nécessite des ressources, du temps, un soutien.
Chez Kafala & Co, nous en faisons une priorité.
Appel à contribution :
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